LES SURVIVANTS DE LA POLIO

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  Evaluation du patient post-polio

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MessageSujet: Evaluation du patient post-polio    Lun 2 Juil - 11:21

c) Douleur

A.C. Gawne et L. Halstead ont mis au point une classification des syndromes de la douleur afin de faciliter son diagnostic et son traitement.

1. La douleur de type 1 ou douleur musculaire post-polio

On ne la retrouve que dans les muscles affectés par la polio. Cette douleur est profonde ou superficielle et beaucoup de patients la comparent à la douleur musculaire qu'ils ont expérimentée pendant leur polio aiguë.

Ses caractéristiques : elle présente des crampes musculaires, des fasciculations ou une sensation de fourmillement ; elle est typiquement nocturne et apparaît lorsque le patient essaye de se relaxer ; elle est exacerbée par l'activité physique, le stress et le froid ; elle est soulagée par l'utilisation de chaleur humide et de lents étirements.

2. La douleur de type 2 ou douleur de sur-utilisation

Elle comprend les blessures ses tissus mous, des muscles, des tendons, des bourses et des ligaments. La douleur myofaciale chez les patients post-polios est similaire à celle des autres patients et est caractérisée par des bandes de muscles raidis et des points de déclenchement discrets qui provoquent une réponse de "sursaut" quand ils sont palpés. Ceci se produit en raison d'une mauvaise posture ou de biomécaniques corporelles impropres. La fibromyalgie, avec ses symptômes associés, est une cause de douleur musculaire.

3. La douleur de type 3 ou douleur biomécanique

Elle se présente comme une maladie dégénérative des articulations (MDA), une douleur du bas du dos et une douleur venant des syndromes de compression nerveuse. L'affaiblissement induit par les muscles polios et par une mauvaise mécanique corporelle rend les articulations (spécialement dans les extrémités inférieures) plus susceptibles au développement de MDA car des années de déplacement sur des articulations instables et des tissus de support altérés augmentent la dépense d'énergie pour accomplir une tâche donnée.

Le diagnostic différentiel de douleur chronique est étendu.

Il convient d'abord d'éliminer les facteurs pouvant mettre en cause les conditions communément associés à la détérioration musculo-squelettique chronique: l'ostéoarthrite, la bursite, la tendinite, la douleur myofaciale.

De plus, il faut procéder à l'exclusion de désordres avec manifestations significatives dans les muscles et/ou les articulations tels que :
- le rhumatisme polymyalgie
- la fibromyalgie
- la polymyosite
- l'arthrite rhumatismale.

Finalement, la plupart des problèmes semblent être liés à une "sur-utilisation" des muscles faibles, en même temps que des biomécaniques anormales des articulations et des muscles, peuvent simplement représenter les conséquences inévitables d'une invalidité chronique et n'être pas plus courante chez les post-polios que chez les individus avec d'autres maladies neuro-musculaires.

d) Intolérance au froid

Certains anciens polios se plaignent de l'installation progressive d'une intolérance à l'exposition au froid ambiant. Lors d'une exposition à une température fraîche, les membres atteints deviennent très froids, la coloration de la peau se modifie en allant du violet au bleu foncé et au blanchiment de l'extrémité affectée. Ceci peut s'accompagner de douleurs, de brûlures, d'hyperesthésies locales et d'un abaissement de la dextérité manuelle. Ces symptômes sont particulièrement tenaces et nécessitent des heures de réchauffement pour disparaître.

L'altération des neurones sympathiques médullaires par le poliovirus pourrait être à l'origine des perturbations de la vasoconstriction des vaisseaux cutanés. En effet, des études microscopiques ont montré que l'anomalie vasomotrice initiale est une dilatation passive et un engorgement du lit veineux cutané. Cette dilatation veineuse résulterait de la diminution de l'activité efférente (de retour) sympathique vasoconstrictrice par destruction des neurones sympathiques pré et post-ganglionnaires par le poliovirus. Dans les membres paralysés, cet engorgement veineux peut également être majoré par la baisse du phénomène de pompe musculaire (due à l'absence d'activité musculaire) entraînant une réduction du retour veineux.

Des travaux récents ont montré que la température des tissus cutanés est anormalement basse (de 2° à 10° plus froid que la température cutanée normale) chez les sujets présentant le SPP et que les effets d'une température basse sont majorés chez ceux-ci.

L'engorgement vasculaire provoque donc une perte thermique et un refroidissement profond des tissus si bien que les nerfs moteurs périphériques des muscles des anciens polios fonctionnent comme si ils étaient toujours exposés à une température extérieure basse. Ainsi, même pour des températures moyennes (20°), la dextérité manuelle et la force musculaire des polios sont réduites et les efforts pour réaliser des activités motrices sont accrus.

e) Complication respiratoire

Les patients post-polios ayant présenté de graves problèmes respiratoires durant l'attaque aiguë de la maladie peuvent présenter de nouvelles difficultés respiratoires spécialement la nuit ou lors d'efforts. Plusieurs études préliminaires ont suggéré que 18 à 38 % des anciens polios qui sont sortis avec succès d'un respirateur après leur attaque aiguë ont maintenant besoin d'une assistance respiratoire à plein temps ou à temps partiel.

Les problèmes pulmonaires comprennent les maladies obstructives et restrictives du poumon avec les symptômes de dyspnée à l'usage, de l'apnée du sommeil et une endurance pulmonaire abaissée. Ceci est dû à :
- l'affaiblissement de la musculation respiratoire
- l'hypoventilation alvéolaire chronique (HCA)
- la scoliose accrue
- la compliance pulmonaire abaissée
- l'effet du tabac
- d'autres maladies telles que l'asthme.


La pathophysiologie de dysfonctionnement pulmonaire après l'attaque provient fréquemment de complication de l'HCA et d'une respiration désordonnée pendant le sommeil. L'HCA est un désordre restrictif qui provient d'un affaiblissement des muscles inspiratoires, de scolioses et souvent d'obésité. Il y a perte de capacité vitale et une insuffisance respiratoire avec pour suite une hypercapnie et une hypoxie.

Les patients présentant un affaiblissement des muscles expiratoires peuvent présenter des difficultés à éliminer les sécrétions, spécialement pendant les infections respiratoires supérieures. Ceci peut conduire à une obturation muqueuse, à un déséquilibre ventilation/perfusion, à une atélectasie, une pneumonie et une déchirure pulmonaire.

f) Dysphagie

Les difficultés de déglutition constituent une des plaintes significatives chez 10 à 15% de tous les polios et chez 10 à 22 % de tous les patients post-polios. Dans certains cas, l'implication bulbaire peut être faible, avec des plaintes de nourriture qui "coince"; pourtant dans les cas les plus sévères, cela peut conduire à une pneumonie d'aspiration et à l'asphyxie. La dysphagie provient d'une implication bulbaire, plus spécifiquement dans les noyaux des nerfs crâniens IX, X et XII.

Le contrôle de la déglutition peut être divisé en trois phases :

1. La phase orale
Dans la première partie, la nourriture est placée dans la bouche, mastiquée comme nécessaire et transformée en bol.
La deuxième partie comporte le déplacement du bol dans la région des piliers faucials antérieurs qui bougent médialement autour de la base de la langue.

2. La phase pharyngée
C'est à cet endroit qu'est déclenchée la réponse de déglutition et que le bol passe à travers le pharynx.

3. La phase œsophagienne
Elle se produit quand le bol dépasse la membrane crico-pharyngée ou l'épiglotte s'incline à l'arrière à l'approche des cordes vocales, empêchant l'aspiration. Le bol descend alors dans l'œsophage à travers le péristole.

Les signes d'anomalies recensées fréquemment par Dalakas et Sonies comprennent :
- un pompage de la langue
- une mobilité œsophagienne retardée
- une mise en commun dans les fosses
- un transport unilatéral du bol à travers le pharynx
- un flux non contrôlé dans le pharynx
- des difficultés à déglutir les fluides
- une constriction pharyngale retardée
- un reflux œsophagien
- une amorce retardée de reflux de déglutition

Les anomalies moins courantes comprennent :
- une activité altérée de la langue
- une mise en commun dans la région crico-pharyngée
- un reflux nasal.

par admindadou
source :http://www.post-polio.asso.fr
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